
Les fonds financeront la prochaine phase d’expansion d’East Africa Foods (EAF) : augmentation des capacités de transformation, de stockage et de logistique, optimisation de la plateforme numérique qui pilote les opérations et entrée sur de nouveaux marchés. EAF vise à atteindre 100 000 petits exploitants agricoles dans les prochaines années, afin de réduire d’un tiers les pertes alimentaires sur l’ensemble de son réseau.
Ekta Partners a agi en tant que conseiller financier exclusif pour cette transaction.
Dar es Salam, Tanzanie: Au Kenya et en Tanzanie, jusqu’à 40 % des denrées alimentaires produites sont perdues avant d’atteindre le consommateur. Une part marginale de ces pertes survient au champ. En effet, l’essentiel de ces pertes se produit dans les jours et les semaines suivant la récolte, faute de capacités de collecte, de tri, de stockage et de transport fiable ; soit les infrastructures qui déterminent si un petit exploitant agricole peut vendre ses produits à un prix équitable ou à perte, et si un ménage urbain devra acheter ses produits à un prix stable ou saisonnier. Ce phénomène ne se limite pas à l’Afrique de l’Est. L’écart entre la quantité produite et la quantité disponible pour le consommateur se manifeste sur une grande partie du continent, et peut être comblé de la même manière partout : en déployant des infrastructures reliant les agriculteurs aux détaillants urbains.
EAF a été créée pour combler cet écart et permet aujourd’hui de réduire ces pertes d’un tiers sur l’ensemble de son propre réseau. L’entreprise s’approvisionne directement au sein d’un réseau de plus de 28 000 petits exploitants, dont elle collecte, trie, stocke et transforme les produits, pour ensuite les distribuer à plus de 10 000 commerces urbains. Les produits parviennent aux consommateurs sous les marques propres au groupe, notamment Onja et Golden Banana.
La prochaine étape consiste à renforcer cette présence à travers la région, tout en explorant les opportunités au-delà de ces frontières. L’ambition est de bâtir une infrastructure alimentaire africaine, détenue et exploitée localement, et conçue pour résister aux chocs climatiques attendus dans la décennie à venir.
Elia Timotheo, fondateur et PDG d’East Africa Foods, a déclaré : « Un tiers de ce que nos agriculteurs produisent n’atteint jamais les étals des marchés. Il ne s’agit pas d’une question agricole, mais d’un problème d’infrastructure, et il peut être résolu. Depuis trois ans, nous équipons le marché de ce qui lui manquait : un réseau d’approvisionnement, une flotte logistique, des installations de stockage et la technologie qui relie les petites exploitations et les rayons des commerces urbains. Cet investissement nous permet d’améliorer et d’étendre encore cette infrastructure physique et numérique. Nous tenons à remercier nos investisseurs pour leur soutien dans le développement de cette infrastructure essentielle. »
Claire Jarratt, directrice de la gestion des investissements chez InfraCo pour PIDG, a déclaré : « L’offre d’EAF s’inscrit pleinement dans la mission de PIDG, qui vise à favoriser une croissance inclusive et résiliente face au changement climatique dans les pays où nous opérons. Le renforcement de la présence d’EAF en Tanzanie et l’extension de son activité efficace et fondée sur les données au Kenya permettront à l’entreprise de mobiliser des financements futurs dans ce secteur stratégique, contribuant ainsi à améliorer la sécurité alimentaire dans toute la région. »
En parallèle du développement des infrastructures physiques, EAF renforcera la formation des petits exploitants aux pratiques adaptées au changement climatique et développera davantage les systèmes numériques reliant agriculteurs, agences et détaillants. Ces systèmes, conçus et mis au point en Tanzanie, pourront ensuite être facilement déployés dans chaque nouveau marché. On estime que jusqu’à 100 000 petits exploitants agricoles, dont 45 % sont des femmes, bénéficieront de revenus plus élevés et plus prévisibles, ainsi que d’une meilleure résilience climatique. Les détaillants urbains profiteront, quant à eux, d’un contrôle qualité renforcé, d’une traçabilité accrue et d’une meilleure disponibilité des produits grâce aux systèmes formalisés d’EAF.
Samuel Kibiri, responsable des investissements en capital chez Oikocredit, a ajouté : « Chez Oikocredit, nous sommes convaincus que la résilience des systèmes alimentaires face au changement climatique passe par des investissements dans des infrastructures qui relient efficacement et durablement les agriculteurs aux marchés. En regroupant les activités de collecte, de stockage, de transformation et de distribution, la plateforme intégrée d’EAF réduit les pertes alimentaires tout au long de la chaîne de valeur, renforce la sécurité alimentaire des populations urbaines en croissance et améliore la résilience et les revenus des petits exploitants. Grâce à cette chaîne d’approvisionnement optimisée où chaque maillon crée de la valeur, EAF est idéalement positionnée pour générer un impact durable, une croissance soutenue et des rendements financiers attractifs à mesure de son expansion en Afrique de l’Est. Nous sommes fiers d’accompagner EAF dans son évolution et d’investir aux côtés de partenaires partageant les mêmes convictions. »
Peter Byrde, directeur du capital-investissement à la FMO, a déclaré : « Notre partenariat avec East Africa Foods nous a permis d’observer comment des investissements dans la logistique, le stockage, la transformation et les solutions numériques peuvent réduire les pertes alimentaires, améliorer l’accès aux marchés et multiplier les opportunités de revenus pour les petits exploitants. C’est pourquoi la FMO est ravie d’accompagner EAF dans sa nouvelle phase de croissance, alors qu’elle développe des infrastructures essentielles de la chaîne d’approvisionnement à travers la région, contribuant ainsi à bâtir un système alimentaire plus efficace, plus résilient et plus inclusif. En démontrant le caractère évolutif et la viabilité commerciale d’un modèle d’agrologistique, nous sommes convaincus qu’EAF peut catalyser davantage d’investissements privés dans le secteur et ouvrir la voie à un financement accru dans les années à venir. »
La transaction
EAF a réalisé une levée de fonds de 26 millions de dollars US en série B, menée par Private Infrastructure Development Group (PIDG) via InfraCo, sa solution de capital-développement et de développement de projets, aux côtés d’Oikocredit et de FMO (la Société néerlandaise de financement du développement). Ce tour de financement vient compléter une levée plus large d’environ 40 millions de dollars US, comprenant des investissements de la part d’actionnaires existants, ainsi qu’un financement par emprunt de la Schmidt Family Foundation. La finalisation de cet investissement en fonds propres fait suite à l’obtention des autorisations en matière de concurrence et des approbations réglementaires auprès du COMESA et de la Commission de la concurrence loyale de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC FCC) en Tanzanie, ainsi que de la Commission de la concurrence loyale de Zanzibar (ZFCC).